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Le mercredi 10 février 2010 00:29
![]() François PouliotUn spécialiste chevronné des entreprises cotées en Bourse et des questions financières.Biographie complète Immobilier: le Bureau de la concurrence fera-t-il baisser les prix?
C’est une intéressante attaque que vient de lancer le Bureau de la concurrence sur l’industrie du courtage immobilier. Une attaque contre un nouveau type de maintien des prix, qui doit donner quelques maux de têtes à bien des courtiers et agents.
Le système d’affichage MSL est un système informatique opéré par l’Association canadienne de l’immeuble. Les 98 000 courtiers et agents qui sont membres de l’organisme y sont autorisés à afficher les propriétés à vendre qu’ils reçoivent de leurs clients. C’est la plus importante fenêtre publicitaire au pays, autour de 90% des transactions immobilières surviennent grâce à celle-ci. Pour qu’un courtier puisse inscrire un client, il est cependant obligatoire que ce client adhère à différents services supplémentaires comme la présentation d’offres et la négociation d’un contrat de vente final. Dit autrement, pour que votre maison soit inscrite dans le réseau, il faut à l’avance que vous acceptiez de payer la commission du courtier, ou, à tout le moins, une bonne partie de celle-ci. C’est un système assez génial, qui fait que les courtiers n’ont pas besoin de se concerter entre eux pour tenter de maintenir des prix élevés. L’Association et son système le font pour eux. Ne présentez pas la chose ainsi à l’Association, elle vous répondra que vous êtes complètement dans le champ. « Un client peut tout à fait décider de n’avoir qu’une inscription sans services supplémentaires, après discussion avec son courtier », nous a-t-on quelques fois répété à l’organisme. On a apparemment expliqué la chose à la commissaire, en lui précisant que l’on allait clarifier les règlements, mais elle n’a pas compris, a-t-on ajouté. Position sibylline s’il en est une. Comme si le Bureau de la concurrence était administré par des « ploucs ». Notez bien le « après discussion avec son courtier ». C’est ici que pourrait bien se trouver le nœud de l’affaire. Un modèle de rémunération chambardé? S’il faut en croire la réaction de l’Association, ça sent déjà le mode « ajustement de tarifs » en conséquence. Elle semble prête à ne plus forcer l’adhésion à des services supplémentaires (négociations, etc.), et laisse entendre que les courtiers décideront eux-mêmes de charger plus cher à ceux qui ne prennent qu’une inscription (pour compenser l’absence des autres services). Blanc bonnet, bonnet blanc, donc. Le Bureau de la concurrence perd sont temps à attaquer le système? Pas vraiment. Aux États-Unis, dans les États où l’on empêche par loi les agents de greffer d’autres services à l’affichage, l’inscription coûte entre 100$ et 500$. À titre de comparaison, un courtier touchera généralement ici une commission variant entre 3 et 7% du prix de vente d’un immeuble. Vous n’avez qu’à mettre la valeur de votre propriété pour voir la différence de rémunération potentielle sur certaines transactions. Le courtier aura beau tenter de grimper le tarif de l’affichage unique, il se butera à un certain moment au comparable US. Nous ne sommes pas experts du courtage immobilier, mais quelque chose nous dit que si les Américains n’ont pas été capables de grimper davantage ce tarif, c’est qu’il y a de bonnes raisons. Et l’on ne voit trop comment nos courtiers pourraient faire mieux. Évidemment, il n’est pas certain qu’en ne faisant qu’inscrire votre propriété au MSL celle-ci s’envole. Si l’on était courtier ou agent, on ne ferait aucun effort de promotion pour la vendre. Si vous voulez vraiment vendre, vous devrez sans doute inscrire dans votre fiche que vous êtes prêt à offrir une commission à un agent qui vous présenterait un acheteur. Reste que, même à cela, on peut mesurer l’important risque de fonte de revenus pour les courtiers dans plusieurs cas. On ne sait trop si le Bureau de la concurrence aura raison en bout de piste. Mais quelque chose nous dit que s’il l’emporte, les agents et courtiers devront sous peu renoncer à une bonne partie de rémunération. C’est comme si on s’apprêtait à enlever du système un certain nombre de tâches d’accompagnement à forte marge pour eux. Cette histoire est plus grosse qu’elle n’en a l’air. Elle pourrait signifier des centaines, sinon quelques milliers de dollars d’épargne sur la vente de votre maison. Les analystes: le point sur Rona, Canadian Tire et Héroux-Devtek
Voici quelques recommandations d'analystes susceptibles d'influencer les cours prochainement.
Rona (RON, 15,58$) : ça regarde bien pour les prochains mois Banque Nationale Groupe financier renouvelle une recommandation « surperformance » sur le titre. Jim Durran indique que les mises en chantier sont en hausse de 35% année sur année au mois de janvier. Il ajoute qu’en date du 4 février les permis de bâtir étaient aussi en hausse de 32,6%. La situation devrait avoir un impact significatif sur les ventes de matériaux de construction de la compagnie. L’analyste ajoute que le ministre des finances ne semble pas vouloir resserrer l’accès à la propriété (mise de fonds plus élevée, amortissement plus court), ce qui, combiné à des taux d’intérêt faibles, devrait maintenir une forte activité sur le marché de la revente en 2010 et 2011 et favoriser les travaux de rénovation. Il soutient enfin qu’avec un crédit qui semble devoir demeurer ouvert, et une situation de l’emploi qui se stabilise, les consommateurs devraient y aller d’achats plus importants dans les prochains mois. Cible à 19$. Canadian Tire (CTC.A, 54,37$) : hausse de recommandation Credit Suisse fait passer sa recommandation de « sous-performance » à « neutre ». Winston Lee indique que le titre ne lui apparaît plus surévalué. Il note que le risque associé aux services financiers est mieux équilibré. Il y a une amélioration modeste des radiations observées dans le secteur tout au cours du quatrième trimestre et le potentiel d’un financement à meilleur coût étant donné les faibles taux d’intérêt. L’analyste indique qu’il verrait cependant positivement Canadian Tire retirer du risque de son bilan en cédant une partie de ses créances à une autre institution. Il estime que dans l’intérim la direction doit porter une grande attention à l’augmentation du poids de ses activités de cartes de crédit, ce qui peut la détourner d’initiatives dans ses activités de détail. Cible à 54$. Héroux-Devtek (HRX, 5,15$) : le pire est passé? Versant Partners réitère une recommandation d’achat sur le titre. Au troisième trimestre, la société rapporte un BAIIA sous les attentes, mais un bénéfice par action de 0,12$, conforme au consensus. Cameron Doerksen indique que le pire du ralentissement est probablement maintenant derrière la compagnie. L’analyste s’attend à ce que le titre se remette en marche sous l’effet de la lente reprise du secteur aéronautique et avec la croissance des activités militaires. La cible est à 8$. Danger: Ottawa devrait limiter les hypothèques
Sommes-nous dans une bulle immobilière, et le gouvernement fédéral devrait-il intervenir pour restreindre le marché hypothécaire?
C’est la question qui se pose alors que le Globe and Mail rapporte que les grandes banques entretiennent des échanges avec le ministère des finances sur le niveau de risque du marché résidentiel. Les institutions seraient même prêtes à ce qu’Ottawa fasse passer de 5 à 10% la mise de fonds minimale pour acheter une maison, et réduise à 30 ans la période maximale d’amortissement d’une hypothèque. Est-on dans une bulle? C’est toujours difficile à dire. Quelques signes sont cependant préoccupants. - Entendu quelqu’un de votre entourage dire récemment qu’il hésitait à acheter parce qu’il redoutait une chute de prix? Personne ne semble plus voir le risque d’une chute. Beaucoup sont convaincus que ça ne peut que continuer à avancer. L’ambiance n’est pas sans rappeler certaines années en bourse. On sait où ça nous a mené. - Les prix du résidentiel dans la région de Montréal sont maintenant de plus de 3% supérieurs au sommet qu’ils avaient atteint tout juste avant la crise de 2008. - Le taux des ménages propriétaires de maison est maintenant plus élevé au Canada qu’aux États-Unis. Anormal, car nous sommes plus pauvres que les Américains. Nous avons plus de monde à risque de défaut. Qui est à risque?: c’est nous! Bah, pourquoi s’en faire, ce sont les banques qui supportent le risque après tout? Erreur. Les banques en supportent, mais la majeure partie du risque est plutôt supportée par…nous! Les prêts hypothécaires pris en charge par la SCHL (au niveau de l’assurance ou par titrisation) représentent aujourd’hui 60% du marché hypothécaire résidentiel de 1 trillion $, le double d’il y a 10 ans. C’est dire qu’il ne faudrait pas nécessairement un gros revirement de marché pour que les pertes ne commencent à se compter en milliards $. Que disent les chiffres sur l’état financier des ménages? Nous empruntons à une vitesse plus grande que la croissance de notre PIB, ce qui, à terme, est insoutenable. Au milieu des années 90, le ratio dette/revenu disponible était à 100%. Il était à 120% en 2006 et atteint aujourd’hui 145%. Vrai, la valeur des actifs a aussi connu une ascension grand V. N’empêche, pas aussi vite que celle de la dette. Il y a 5 ans le ratio dette/actifs atteignait 17,2%, nous sommes aujourd’hui à 19,8%. Cela dit, il faut se garder de conclure que l’on s’en va inexorablement vers une débandade du marché résidentiel. Le taux d’épargne est à 4,8%. Il est possible que la plupart des ménages avec une hypothèque puissent absorber une hausse des taux d’intérêt en diminuant ce qu’ils mettent de côté. Et que finalement, les prix plafonnent. Mais il y a des doutes sur le taux d’épargne des ménages à faibles revenus et le poids de ces ménages dans le marché des hypothèques. Surtout, alors que tout le monde compte l’espace disponible en fonction d’une hausse des taux d’intérêt, bien peu comptent en fonction d’une hausse combinée des taux d’impôt. Or, avec les déficits qu’enregistrent actuellement Ottawa et les provinces, des charges supplémentaires envoyées aux ménages apparaissent presque certaines. Conclusion? Il n’y aurait pas vraiment de mal à hausser à 10% la mise de fonds minimale et à 30 ans l’amortissement maximal. Bulle, pas bulle, pourquoi ne pas souffler moins fort dans le ballon en demandant simplement à un certain nombre de ménages de repousser leur rêve à un peu plus tard (en le capitalisant mieux), et leur garantissant du coup qu’il ne tournera pas au cauchemar? Les analystes: le point sur lululemon, Bombardier et Astral
Voici quelques recommandations d'analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement.
lululemon (LULU, 26,27$ US) : bonnes perspectives, mais bien évalué BMO Nesbitt Burns amorce le suivi du titre avec une recommandation « performance de marché ». John Morris indique que lululemon est une marque forte et une solide histoire de croissance. L’entreprise est en outre engagée dans un marché mal desservi (celui du vêtement sport pour dame). Il précise que la direction déploie actuellement son plan d’expansion en investissant dans sa chaîne d’approvisionnement, dans du personnel supplémentaire en magasin et dans sa plateforme de commerce électronique. Bien qu’il voit le titre livrer une solide performance à long terme, l’analyste estime cependant que son cours actuel reflète bien son potentiel court terme. La cible est à 28$ US. Bombardier (BBD.B, 5,45$) : hausse de cible UBS renouvelle une recommandation d’achat et hausse sa cible sur le titre. Fady Chamoun indique que ses prévisions de bénéfices sont légèrement réduites pour refléter des dépenses de renflouement du régime de retraite de Bombardier aéronautique plus importantes qu’anticipé. Cette réduction est cependant partiellement compensée par des livraisons d’appareils qui devraient être plus importantes que ce qu’il anticipait cette année. L’analyste hausse le multiple accordé par son modèle d’évaluation à la division aéronautique, ce qui fait en conséquence passer sa cible de 5,50$ à 6,25$. Il souligne toutefois qu’une hausse significative de valeur demandera de la patience, la reprise du secteur demeurant encore distante. Il croit toujours qu’en reprise de cycle Bombardier pourrait dégager un bénéfice de 0,70$ par action et que le titre pourrait toucher les 10$. Astral Media (ACM.A, 34,51$) : démission de Gary Slaight Banque Nationale Groupe financier réitère une recommandation « surperformance » sur le titre. Adam Shine dit qu’il vient de constater que Gary Slaight, l’ancien propriétaire de Standard Radio, a démissionné du conseil d’administration d’Astral. L’entreprise de M. Slaight détient 4,75 millions d’actions de catégorie A. L’analyste indique que ces actions ont été reçues à un prix de 42,62$ et qu’il serait étonné de voir l’ex-administrateur s’en départir rapidement. Il estime cependant que son départ, et la possibilité qu’il s’en départisse, pourraient créer un certain ancrage sur le titre. Il s’attend néanmoins à ce que les bénéfices de l’entreprise continuent de croître. La cible est à 43$. Bombardier: l'année cruciale
Bonne nouvelle, il n’y a pas de mises à pied supplémentaires. Mauvaise nouvelle cependant : les commandes ne rentrent vraiment pas à plein ciel.
« On ne serait pas surpris qu’en février, Bombardier n’annonce une nouvelle baisse des livraisons de jets d’affaires pour l’année à venir, et peut-être des mises à pied supplémentaires », écrivions-nous au début décembre. Le pronostic s’est réalisé. Dans sa mise à jour annuelle, la direction de la compagnie a fait savoir aujourd’hui qu’elle allait cette année réduire ses livraisons d’avions d’affaires de 15% et celles des avions régionaux de 20%. Il n’y a cependant pas eu d’annonces de mises à pied. Curieusement, le titre de Bombardier n’a pas non plus fléchi et a même pris plus de 2%. Il faudra voir dans les prochains jours comment les analystes ajusteront leurs chiffres, mais la réaction du marché donne à penser que déjà il était anticipé que Bombardier annoncerait une nouvelle réduction de cadence. L’absence de mises à pied donne de son côté à penser que la dernière vague de compressions (750 emplois à Montréal) tenait elle aussi déjà compte de la baisse de production à être annoncée. A-t-on atteint un bas? C’est la question que se posent néanmoins toujours employés et investisseurs. Et ça dépend en fait de quel « bas » on parle. Les chiffres permettent de voir qu’au quatrième trimestre, il y a par exemple eu 7 commandes nettes d’avions d’affaires. C’est mieux que les deux que l’on avait enregistrées au troisième trimestre. Sous cet angle, il semble donc y avoir stabilisation. On notera cependant qu’en multipliant par quatre le dernier chiffre, si la tendance ne s’améliore pas, cela ne fait que 28 nouvelles commandes sur un an, alors que l’an dernier, Bombardier a livré… 176 appareils d’affaires. Énorme différence. Il apparaît ainsi très nettement que l’on continue à creuser dans le carnet de commandes. Un carnet dont on est au reste pas trop sûr de la profondeur, puisqu’on ne sait combien de sociétés seront ultimement capables de prendre livraison de leurs commandes. En d’autres mots, on peut peut-être parler de stabilisation, mais c’est une stabilisation de l’offre et de la demande sur le marché, nous sommes encore loin d’une stabilisation pour la cadence de production puisque le carnet de commandes continue de fondre. Des signes encourageants, mais… Il ne s’agit pas d’être trop négatif. Le PIB américain a bondi de près de 6% au quatrième trimestre. Les profits des entreprises sont aussi en reprise. C’est une bonne nouvelle pour les avions commerciaux et les avions d’affaires. D’autant que les commandes ne sont pas si mal dans les avions commerciaux. Quand même, il est étonnant de voir le titre se négocier au niveau actuel. Le consensus des analystes pour cette année, qui semblait anticiper la baisse de production, est à 0,40$ US par action (0,42$ CAN). C’est dire que le titre de l’avionneur se négocie actuellement à 13 fois le bénéfice anticipé. Pendant ce temps, le S&P 500 se négocie de son côté à 14 fois le bénéfice attendu. Il est évident que les fondamentaux de l’industrie aéronautique sont moins bons que ceux de l’économie en générale. Tout simplement parce que les acteurs de l’aéronautique sont beaucoup plus endettés (pour ne pas dire cassés) que la moyenne, et que des restructurations pourraient encore être nécessaires. C’est comme si le marché croyait qu’il n’y aura pas un autre abaissement de cadence. Ce sur quoi, on ne miserait pas la maison. Un porte-parole de Bombardier parlait sur nos ondes de 2010 comme d’une année cruciale. Nous sommes assez d’accord. |
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