Le mercredi 10 février 2010 00:29

François Pouliot

Un spécialiste chevronné des entreprises cotées en Bourse et des questions financières.
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L'étonnante mise à jour de M. Bachand

Permalink 27/10/09 16:43, François Pouliot / Général, 945 mots  
Assez étonnante que la mise à jour budgétaire du ministre des finances Raymond Bachand. Première surprise : c’est moins pire que ce qu’on redoutait. Deuxième surprise : mais pourquoi donc en ajouter?

La première surprise

Le Québec devrait fermer son exercice 2009-2010 avec un déficit de 4,7 G$, une hausse de 749 M$, ou 20% de plus que ce qui était prévu au printemps.

C’est, assez curieusement, une bonne nouvelle. Les anticipations de déficits du fédéral et de l’Ontario avaient respectivement bondi de 65% et 78% ces derniers temps (28% et 49% en excluant l’aide spéciale au secteur de l’automobile et l’assurance-chômage).

Plusieurs redoutaient que le Québec ne se dirige plutôt vers un déficit supérieur à 5 G$.

L’écart vient du fait que l’économie québécoise tiendra mieux le coup qu’ailleurs dans les prochains mois. Québec s’attendait à ce que le PIB nominal recule de 0,1% en 2009, il reculera finalement de 0,6%. Un pas en arrière, mais plus petit en ampleur et en anticipation que celui des autres. Le fédéral attendait un recul de 2,7%, il sera plutôt de 4,6%; l’Ontario attendait un recul de 2,4%, il sera de 3,8%.

Monsieur Bachand s’est bien gardé d’attribuer trop fortement la performance de la province à son gouvernement. Certes les mesures de stimulation de Québec sont arrivées rapidement, mais ce sont surtout les autres qui se sont particulièrement fait secouer le pommier. On n’a qu’à penser au secteur de l’automobile en Ontario, et au dégonflement de la bulle pétrolière dans l’Ouest.

La deuxième surprise

La deuxième surprise de cette mise à jour réside dans l’annonce d’une bonification de 800 M$ du plan d’action pour soutenir l’économie. Essentiellement, l’État porte l’enveloppe du programme Renfort de 1,2 G$ à 2 G$. Renfort est un programme qui offre des garanties de prêts aux entreprises du Québec.

C’est curieux. De ce 800 M$, l’État provisionne 300 M$, qu’il s’attend à perdre. A-t-on vraiment besoin d’alourdir le déficit de 300 M$ sur deux ans, alors que déjà celui-ci sera plus élevé que ce que l’on anticipait?

Surtout que nous sommes déjà en tête des juridictions qui ont déployé les efforts les plus importants pour traverser la récession (pour 2009 et 2010, les liquidités additionnelles injectées dans l’économie totalisent ici 5% du PIB, comparativement à 4,8% au Canada, 3,2% en Ontario et 4,7% aux États-Unis).
Et que, même si notre déficit par rapport au PIB est moins important qu’ailleurs, notre endettement, lui, bat tout le monde.

Monsieur Bachand fait valoir que les institutions financières du Québec lui signalent que les PME éprouvent toujours des difficultés de financement.

Peut-être, mais il faut aussi savoir que ces dernières années un certain nombre d’entreprises ont reçu du financement qu’elles n’auraient jamais dû recevoir. Les banques prêtaient trop et c’est ce qui nous a amené dans la situation actuelle. Un retour à la normale est nécessaire. Il ne sert à rien pour l’État de brancher un canard boiteux sur le respirateur artificiel, il ne fait qu’envoyer de l’argent au feu.

Enfin, on ne dit pas que le geste est exagéré, mais compte tenu de la force des stimulus déjà en place et de notre taux d’endettement, on aurait probablement pu passer son tour.

D’autant que…

D’autant que, contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre, Québec n’augmente pas son effort de contrôle budgétaire sur l’horizon 2013-2014. L’ensemble des déficits prévus sur la période grimpe de 1,7 G$, à 13,2 G$, avec un manque à gagner de 5,1 G$ à combler (on ne sait encore comment) pour la dernière année.

Le ministre n’y voit pas de problème. « Si on perd son emploi, on emprunte et on rembourse quand on le retrouve », a-t-il illustré.

Ce n’est pas sans logique, mais notre nature prudente nous aurait plutôt amené à contraindre les dépenses pour récupérer ce 1,7 G$ d’ici 2014, plutôt qu’à emprunter davantage. Pour paraphraser, quelque chose nous dit en effet qu’avec l’arrivée du choc démographique vers cette époque, on se retrouvera probablement un emploi, mais peut-être pas aux mêmes conditions et avec le même pouvoir de remboursement qu’auparavant.

Et cette récupération

Ce qui nous amène à la fameuse résorption des déficits.

Si on était fonctionnaire, on commencerait peut-être à se chercher un « side-line ». En 2010, la rémunération de l’État représentera 53% du budget total du Québec. C’est un pan budgétaire trop important pour ne pas y toucher. Le gouvernement veut ramener la croissance de ses dépenses de programmes de 4,6% à 3,2%. En adaptant, les augmentations salariales des salariés, qui étaient ces dernières années à 2%, apparaissent au maximum pouvoir atteindre 1,4%. Et il faut pour cela avoir sacrifié quelques services.

Problème, c’est après cet effort qu’il faut encore trouver les 5,1 G$ manquants pour fermer le déficit. En prélevant de nouveaux revenus, mais aussi en sabrant encore dans les dépenses.

Avec une rémunération qui grimpe de plus de 1G $ par année, ça sent le gel pour un an ou deux chez les salariés de l’État.

À défaut, il faudra toucher à quelques vaches sacrées comme la santé, l’éducation, les transport ou les garderies. Ou encore vraiment sortir son portefeuille.

L’avenir est rouge.


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Commentaires:

Commentaire de: Benoit Tanguay [Visiteur]
On pourrait économiser immédiatement 550 millions en cessant les subventions aux éleveurs de porcs. Quand on est pas retable... on ferme boutique !

Et faudrait bien analyser les autres subventions !
Permalien 27/10/2009 @ 17:10
Commentaire de: Rémi Drolet [Visiteur]
L'Opposition a identifié récemment 8 milliards de dollars que le Fédéral doit au Québec dans plusieurs dossiers comme la crise du verglas, l'harmoniisation de la TPS et plusieurs autres.

Si Bachand s'affairait en priorité à récupérer ces sommes ( dont plusieurs nous sont dues depuis plus de dix ans ) au lieu de les laisser dormir dans les coffres d'Ottawa, il aurait sans doute moins besoin de nous endetter...

De toute manière, les Libéraux nous ont démontré de 1989 à 1994 qu'ils ne savent pas compter, accumulant année après année des déficits de 1 à 3 milliards supérieurs à leurs prévisions budgétaires.

Et je n'ai même pas parlé des " cadeaux " servis sur des plateaux d'argent ( sans jeu de mots ) aux amis du régime...

Chassez le naturel...vous connaissez la suite...
Permalien 27/10/2009 @ 17:32
Commentaire de: philippe mons [Visiteur]
Moi ce que je trouve drôle c est que Bachand se base avec une péréquation comme d habitude, en plus, il n arrte pas de se peter les bretelles que c est moins pire ici qu ailleur, d'où ma question, si c est pire ailleur et que le fédéral a une déficit de 55 milliards, d' où va venir le fric pour la péréquation?

Es ce que ça serait possible qu on recoivent BEAUCOUP moins en péréquation?


Ben voila Bachand, tu va etre baisé si ça arrive.

Pourtant pas un mot la dessus, quel bande de clowns.
Permalien 27/10/2009 @ 20:05
Commentaire de: Richard Bouchard [Visiteur]
Messieurs

nous savons tous que la pricinpale qualité des prévisions est que nous pouvons lui faire dire tout ce que nous voulons, après il ne reste qu'a trouvé les excuses pourquoi elles ne se sont pas réalisées.
Permalien 27/10/2009 @ 20:40

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